Le Petit Palais annonce, pour l’été prochain, une exposition consacré au flamenco intitulée “la Nuit espagnole”. Elle est présentée ainsi : ” Dans la chaleur de l’été parisien, partez en Espagne …au Petit Palais…grâce à l’exposition consacrée au Flamenco, avant-garde et culture populaire, 1865-1939.
Composante essentielle de l’identité culturelle espagnole, le Flamenco, danse à la fois sensuelle et mystérieuse a captivé l’émotion de plusieurs générations de peintres et de sculpteurs et les a stimulé dans leur quête de modernité. Les années 1850 à 1939 en témoignent notamment dans les œuvres de Courbet, Manet, Degas, Sorolla, Picasso, Delaunay, Gargallo, Lipchitz… “
Le Flamenco, “composante essentielle de l’identité culturelle espagnole” : c’est évident pour nous aujourd’hui; pourtant, le flamenco est une musique avant tout andalouse, syncrétisme opéré avant même le XVIII° siècle entre les musiques gitanes et andalouses. Les Catalans, Basques, Castillans et autres se reconnaissent-ils dans cette musique au sens propre folklorique, aujourd’hui affiche des plus courantes de l’exotisme espagnol ? Rien n’est moins sûr, comme l’atteste la réaction de Felix de Azua, qui rapporte dans un article déjà commenté l’anecdote suivante : “ma première interview sur une radio française avait commencé dans de joyeux arpèges qui accompagnaient quelque chanson vaguement flamenca. L’entrevoyeur me décochait des sourires d’amicale complicité. Pouvais-je lui expliquer qu’en Catalogne, d’où je viens, ce genre de musique n’est guère prisé ? Pouvais-je lui dire que cette rengaine était l’une des plus usées (et abjectes) de l’époque franquiste, dont la redoutable veine “populaire” n’a du reste encore rien perdu de sa vivacité ?”(1)
PS : vieil article de 2008, pas fini et portant sur une exposition prévue pour l’été 2008.